FLE littérature: Annie Ernaux: La Place - Je ne t´ai jamais fait honte - fiche péagogique (3/5)

Publié le par La Prof

Guide du professeur:
Séance 2 B :

Avec le texte :

Question 2 : compréhension orale

Les apprenants écoutent le texte une première fois. Demandez si selon eux le narrateur est un homme ou une femme. Proposez ensuite une deuxième écoute. Les apprenants doivent justifier ce qui les amène à faire cette hypothèse-là sur le sexe du narrateur. Ils discutent en groupes à ce sujet puis proposent une réponse commune par groupe de quatre.

 


Question 3 :
compréhension écrite

Distribuez à présent le support écrit de ce texte. Les apprenants le lisent silencieusement et repèrent l’indice dans le texte qui leur fournira la réponse à la question précédente.

 


Question 4 :
expression orale

Chaque groupe essaie d’établir un résumé, une explication ou une reformulation d’un des quatre passages suivants. Ils peuvent prendre des notes, pour que l’un d’eux propose ensuite à la classe, à l’oral, une hypothèse sur le sens de ce qui est écrit dans ce passage. Lorsqu’un élément nécessaire à la compréhension se trouve dans une partie précédente du texte (« ces jeunes filles » du passage 2 se rapporte aux « copines de fac » présentées dans le passage 1, par exemple), apportez des explications au groupe concerné.

Passage 1 : lignes    1 à  4   « Aux vacances d’été… » - « …chez moi, c’est simple.»

Passage 2 : lignes    4 à  8   « Mon père…» – «  Il se mettait en quatre »

Passage 3 : lignes    8 à 12  « Quand la famille… » - «…les idées et les goûts du mien »

Passage 4 : lignes  12 à 15  « En donnant un caractère de fête… » - «…comme ça va-ti ? »

Partez de ce que les apprenants ont compris et apportez des éclaircissements, reformulez. Les mots-clés sont dégagés du texte. 

Une fois le sens saisi, les apprenants vont pouvoir aller plus loin dans la compréhension du texte, grâce aux activités suivantes.

Fiche des élèves:

« Je ne t’ai jamais fait honte. »

 

Il n’est jamais entré dans un musée, il ne lisait que Paris-Normandie et se servait toujours de son Opinel pour manger. Ouvrier devenu commerçant, il espérait que sa fille, grâce aux études, serait mieux que lui.

Cette fille, Annie Ernaux, refuse l’oubli de ses origines. Elle retrace la vie et la mort de [son père]. Et dévoile aussi la distance, douloureuse, survenue entre elle, étudiante, et ce père aimé qui lui disait : « Les livres, c’est bon pour toi. Moi, je n’en ai pas besoin pour vivre. »

Ce récit dépouillé possède une dimension universelle.




     Aux vacances d’été, j’invitais à Y… une ou deux copines de fac, des filles sans préjugés qui affirmaient « c’est le cœur qui compte ». Car, à la manière de ceux qui veulent prévenir de tout regard condescendant sur leur famille, j’annonçais : « Tu sais chez moi c’est simple. » Mon père était heureux d’accueillir ces jeunes filles si bien élevées, leur parlait beaucoup, par souci de politesse évitant de laisser tomber la conversation, s’intéressant vivement à tout ce qui concernait mes amies. La composition des repas était source d’inquiétude, « est-ce que mademoiselle Geneviève aime les tomates ? » Il se mettait en quatre. Quand la famille d’une de ces amies me recevait, j’étais admise à partager de façon naturelle un mode de vie que ma venue ne changeait pas. A entrer dans leur monde qui ne redoutait aucun regard étranger, et qui m’était ouvert parce que j’avais oublié les manières, les idées et les goûts du mien. En donnant un caractère de fête à ce qui, dans ces milieux, n’était qu’une visite banale, mon père voulait honorer mes amies et passer pour quelqu’un qui a du savoir-vivre. Il révélait surtout une infériorité qu’elles reconnaissaient, malgré elles, en disant par exemple, « bonjour monsieur, comme ça va-ti 

 

            Un jour, avec un regard fier : « Je ne t’ai jamais fait honte. »

Annie Ernaux, La place, éd. Gallimard (Prix Renaudot 1984)


NOTES :

 

Opinel : couteau pliant

survenir : arriver brusquement

dépouillé : dans ce livre, il n’y a pas de recherche d’un style très littéraire, très travaillé, d’une une langue riche

(synonymes :concis, sobre)

Y… :      l’auteur choisit de ne pas donner le nom du village, elle en donne juste la première lettre

préjugés : idée, opinion déjà faite, souvent imposée par le milieu, l'époque, l'éducation

c’est le cœur qui compte :

-le cœur = la bonté,  la gentillesse

-compter = avoir de l’importance

(synonyme : importer)

prévenir : informer à l’avance, pour éviter quelque chose

condescendant : poli, aimable, indulgent, supérieur

                (nom : la condescendance)

laisser tomber la conversation :      lorsqu’il y a soudain un silence gênant qui s’installe car tout le monde s’est arrêté de parler

se mettre en quatre : se donner beaucoup de mal, s'employer entièrement à

(synonymes : se décarcasser, se démener)

admise : acceptée, accueillie

redouter : avoir peur

(synonymes : craindre, appréhender)

banal : ordinaire, courant, sans originalité

honorer : traiter avec beaucoup de respect, d'égard, de considération

infériorité : situation plus basse / faiblesse

comme ça va-ti : parler populaire pour  « Comment allez-vous ?/ Comment est-ce que ça va ? »

faire honte: déshonorer, humilier, donner un sentiment pénible d’infériorité




Annie Ernaux: voir toute la fiche pédagogique:
séance 1
séance 2A
séance 3
séance 4

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Publié dans littérature et arts

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M
Bien, je testerai cette méthode la prochaine fois!
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