FLE A2 - ressources théâtre (sketch ou saynète): le petit Nicolas - Sempé-Goscinny (adaptation) - texte en ligne

Publié le par La Prof

La pièce a été écrite à partir d´une aventure du petit Nicolas (Editions DENOEL, 1969): On a fait le marché avec papa. Elle peut être jouée par 4 à 7 personnes, de préférence des enfants ou jeunes adolescents. Ma troupe ne comptait malheureusement que 3 élèves, mais si vous en avez plus, vous pouvez développer davantage la scène de l´accident avec le camion (ils vont chez le garagiste)
et la scène finale (ils prennennt le taxi pour aller au restaurant et le père ne commande presque rien: il n´a pas très faim).

Les personnages:
Le père
La mère

Nicolas

La marchande de fruits & légumes

Le poissonnier

Une dame

le garagiste
le camionneur

Les lieux:
le salon
la voiture
le marché


Scène 1 – le père – la mère - Nicolas

Dans le salon, le père et la mère font les comptes. Nicolas joue avec ses voitures sur le tapis. La pendule indique 21h30.

 

Le père – (énervé) Je me demande où passe l’argent que je te donne !

La mère – (ironique) Ah ! J’aime quand tu dis ça ! (en colère) Tu ne te rends pas compte de ce que coûte la nourriture ! Si tu allais faire le marché, tu comprendrais ! (plus bas) Et puis ne parle pas comme ça devant le petit.

Le père – Tu parles ! Si c’était moi qui m’occupais d’aller faire les courses, on ferait des économies ! …et on mangerait mieux ! Et puis le petit, le petit ! Il n’a qu’à aller se coucher !

La mère – Et bien, puisque c’est comme ça, tu vas aller faire les courses, toi qui es si malin !

Le père- Parfaitement ! Demain, c’est dimanche, et je vais aller au marché !

Nicolas – (enthousiaste) Chic ! Je pourrai y aller, moi aussi ?

Le père et la mère – (énervés) Va te coucher, Nicolas !

 

 

Scène 2 – le père, la mère, Nicolas

Le lendemain matin, dans le salon. La pendule indique 8h45.

 

Nicolas – Dis, papa, je peux t’accompagner au marché?

Le père – Oui, aujourd’hui, ce sont les hommes qui font le marché !

Nicolas – Chouette !

Le père – Allons-y ! Nicolas, prends le filet à provisions s’il te plaît.

La mère – (elle rit) Au revoir !

Le père – Tu peux rire ! tu riras moins quand nous serons revenu avec de bonnes choses que nous aurons payé à des prix abordable ! Pas vrai, Nicolas ?

Nicolas – Ouais !

La mère – (elle rit toujours) Je vais faire chauffer l’eau pour cuire les langoustes que vous allez me rapporter !

 

 

Scène 3 - le père, Nicolas

Nicolas et son père montent dans la voiture.

 

Nicolas – C’est vrai que nous allons rapporter des langoustes ?

Le père – Et pourquoi pas ?!

Nicolas – Chic !

Le père – Oh là là, il y a du monde ! le parking est plein ! je vais me mettre là.

Il se gare sous un panneau « interdit de stationner ».

Nicolas – Oh, papa, tu es très fort ! Tu as trouvé une place tout de suite !

Ils descendent de la voiture.

Le père – Bien, nous allons prouver à ta mère que c’est facile comme tout de faire le marché, et nous allons lui apprendre à faire des économies.


Scène 4 – le père, Nicolas, une vendeuse de fruits et légumes

Nicolas et son père s’approchent d’une vendeuse de fruits et légumes. Ils regardent les prix.

 

La marchande – Et pour ces messieurs, qu’est-ce que ce sera ?

Le père – Ah, les tomates, ça ce n’est pas cher !  Madame, donnez-moi un kilo de tomates, s’il vous plaît !

La marchande – (elle met 5 tomates dans un sac) Et avec ça, qu’est-ce que je vous mets ?

Le père – (étonné) Comment ?! Il n’y a que cinq tomates, dans un kilo ?

La marchande – Et qu’est-ce que vous croyez ? … que pour le prix, vous aurez une plantation ?! Les maris, quand ça vient faire le marché, c’est toujours du pareil au même !

Le père – Les maris, on se laisse moins rouler que nos femmes, voilà tout !

La marchande – (en colère et très costaude) Répétez un peu, si vous êtes en homme !

Le père – Bon, ça va, ça va.

Il prend Nicolas par la main et s’éloigne. Il a honte. La vendeuse, toujours en colère, parle du père aux autres marchands.

Nicolas – je peux porter le filet, papa ?

Le père – (pour faire taire Nicolas) Oui, tiens, tiens, fiston ! (il lui tapote la tête.)

 

 

Scène 5 – le père, Nicolas, le poissonnier, une dame

Nicolas et son père passent devant le poissonnier.

 

Nicolas – Regarde, papa, des langoustes !

Le père – Parfait ! Allons voir ça ! Bonjour monsieur. Dites-moi, elles sont fraîches, vos langoustes ?

Le poissonnier – Ah mais monsieur, je pense bien, qu’elles sont fraîches, puisqu’elles sont vivantes ! (Il rit très fort.)

Le père – (il a honte) Oui, bon, combien coûte la grosse, là, qui remue les pattes ?

Le poissonnier –   57 euros.

Le père – (avec de grands yeux étonnés) Euh… Et l’autre, là, plus petite ?

Le poissonnier –    48 euros.

Le père – (en colère) C’est incroyable !

Le poissonnier – Dites, c’est des langoustes ou des crevettes, que vous voulez acheter ?! Parce que ce n’est pas du tout le même prix ! Votre femme aurait dû vous prévenir !

Le père – (il a honte) Viens, Nicolas, nous allons chercher autre chose.

Nicolas – Oh, mais papa, ce n’est pas la peine d’aller ailleurs, elles me paraissent terribles, ces langoustes, avec leurs pattes qui remuent ! Et la langouste, c’est drôlement bon !     

Le père – (ferme) Ne discute pas et viens, Nicolas ! Nous n’achèterons pas de langouste, voilà tout.

Nicolas – Mais papa, maman fait chauffer de l’eau pour les langoustes, il faut en acheter !

Le père – (en colère) Nicolas, si tu continues, tu vas aller m’attendre dans la voiture !

Nicolas – (il pleure) C’est pas juste !

Le poissonnier – (il crie) Bravo ! Non seulement vous êtes radin et vous affamez votre famille, mais en plus, vous martyrisez ce pauvre gosse !

Le père – (en colère) Mêlez-vous de ce qui vous regarde ! Et d’abord, on ne traite pas les gens de radins quand on est un voleur !

Le poissonnier – (très en colère. Il prend un poisson dans la main.) un voleur, moi ?! Vous voulez une baffe ?!

Une dame – Ça c’est bien vrai ! le merlan que vous m’avez vendu la semaine dernière, il n’était pas frais ! Même le chat n’en a pas voulu !

Le poissonnier – (très en colère) Pas frais, mon merlan?!

Le marchand fait de grands gestes avec le poisson dans la main et se dispute avec la dame. Le père part discrètement, avec Nicolas.

 

Vous pouvez insérer ici une scène facultative entre la marchande de légumes et le poissonnier: la scène 5 bis.


 

Scène 6 – le père, Nicolas, une dame

Ils quittent le marché et vont vers le parking.

 

Le père – (énervé et fatigué) Nous rentrons. Il se fait tard.

Nicolas – Mais, papa, nous n’avons que cinq tomates. Moi, je crois qu’une langouste…

Le père, en colère, le tire par le bras. Nicolas est surpris. Il lâche le filet à provisions. Une dame passe et marche dessus.

La dame – Faites attention !

Nicolas – (il regarde dans le filet). Oh, il faut qu’on retourne acheter d’autres tomates.

Le père – (en colère) Non ! Nous rentrons, j’ai dit ! Allez, hop, en voiture !

 

 

 

Scène 7 – le père, Nicolas

Ils sont devant la voiture. Le père prend un papier sur le pare-brise : une contravention !

 

Le père – Oh, c’est pas vrai !

Ils s’installent dans la voiture. Nicolas met le filet sur ses genoux.

Le père – (il se tourne vers Nicolas, en colère) Mais fais attention où tu mets ton filet ! J’ai plein de tomate écrasée sur mon pantalon ! regarde un peu ce que tu fais !

Nicolas – Papa, attention, un camion !

Ils ont un accident.

 

 

Vous pouvez insérer ici une scène facultative avec le père, Nicolas, la dame, le garagiste et le camionneur: la scène 7 bis.

 


Scène 8 – le père, Nicolas, la mère

Nicolas et son père entrent dans le salon. La pendule indique 12h30. La mère est assise. Elle regarde l´heure, inquiète. Elle voit le filet à provisions et veut dire quelque chose.

 

La mère – …

Le père – (en colère) Je ne veux pas de commentaires ! Bon, comme il n’y a rien à manger à la maison, je vous invite au restaurant aujourd’hui. Chérie, met ton manteau, j’appelle un taxi.

Le père prend le téléphone.

Nicolas – (très content) Chouette ! Au restaurant , moi je vais prendre de la langouste !

La mère – (elle sourit) Moi aussi. Ce n’est pas tous les jours que nous faisons de telles économies! il faut fêter ça !

Nicolas – Oh, papa, j’espère que dimanche prochain, nous retournerons au marché tous les deux !


 

vocabulaire du texte (francais/allemand)

Publié dans littérature et arts

Commenter cet article

Imke 14/05/2009 17:30

A vrai dire je préfère cette adaptation que celle avec le "ta gueule" à ce lien
http://www.kantschule-falkensee.de/fb/frz/projets/marche/marche.htm